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Guide d'achat

Bonus malus : comment ça marche vraiment et comment l'optimiser

Le coefficient 0,50, les sinistres qui comptent, ceux qui ne comptent pas, et les pièges du transfert.

Par Sandrine Lefèvre · · 8 min de lecture

Au cabinet, quand un nouveau client arrive avec son relevé d'information, je commence toujours par décrypter son bonus malus ligne par ligne. C'est le document qui détermine 40 à 60 % du tarif de votre prochain contrat, et c'est aussi celui que neuf clients sur dix ne comprennent pas. Voici ce que je leur explique posément.

La règle de base : le coefficient annuel

Le bonus malus est un coefficient appliqué à votre prime de référence. Au démarrage de votre première assurance, vous êtes à 1,00. Chaque année sans sinistre responsable, votre coefficient est multiplié par 0,95. La deuxième année à 0,95, la troisième à 0,90 (arrondi mathématique), la quatrième à 0,85, et ainsi de suite jusqu'au plancher de 0,50 atteint au bout de 13 années sans sinistre responsable. Ce coefficient 0,50 est le bonus maximum auquel personne ne peut accéder en dessous. C'est ce qu'on appelle communément le bonus 50.

À l'inverse, un sinistre responsable applique un malus de 1,25 (sinistre 100 % responsable) ou 1,1875 (sinistre 50 % responsable). Le coefficient peut atteindre 3,50 au maximum, soit une prime multipliée par 7 par rapport au bonus 50. Mon client Vincent de Couëron avait atteint 3,50 après deux sinistres en 2022 et une résiliation Macif. Sa prime théorique de 480 euros était devenue 1 680 euros aux yeux du marché. Mon travail consiste à lui faire récupérer son coefficient le plus vite possible.

Quels sinistres comptent vraiment

C'est là que se trouvent 80 % des erreurs et des frustrations. Tous les sinistres ne dégradent pas le coefficient bonus malus. Les sinistres qui le dégradent sont uniquement ceux où vous êtes reconnu responsable au sens du droit civil. Les sinistres suivants ne font pas bouger votre bonus malus :

  • Vol total ou partiel de votre véhicule
  • Incendie sans conducteur responsable identifié
  • Bris de glace seul (pare-brise, vitres latérales)
  • Tempête, grêle, événement climatique
  • Catastrophe naturelle reconnue par arrêté
  • Sinistre causé par un tiers identifié 100 % responsable
  • Dégradation par stationnement sans tiers identifié (vandalisme)
  • Délit de fuite dont vous êtes victime

En revanche, un sinistre 50 % responsable (carrefour ambigu, queue de poisson, distraction réciproque) majore votre coefficient de 12,5 %. Cette nuance fait toute la différence sur le constat amiable. Ma cliente Élodie de Sainte-Luce avait signé un constat se reconnaissant à tort 100 % responsable en mai 2024 pour une dispute mineure sur un parking. Coût pour son bonus : passage de 0,72 à 0,90, soit 18 % de surprime sur trois ans. Si elle avait pris le temps d'appeler le cabinet avant de signer, on aurait précisé le partage 50-50 réel.

La règle des deux ans sans sinistre pour effacer un malus

Un sinistre responsable disparaît de votre relevé d'information au bout de deux ans civils sans nouveau sinistre. C'est-à-dire que si vous avez un sinistre responsable en mars 2024 et que vous tenez jusqu'en mars 2026 sans nouvel incident, votre relevé en mars 2026 redevient vierge sur ce sinistre. Votre coefficient bonus se met à reprendre sa progression normale comme si l'incident n'avait jamais existé.

Mon client Karim de Rezé avait eu un sinistre en juillet 2022. Son coefficient était passé de 0,50 à 0,625. Deux ans plus tard, en juillet 2024, j'ai automatiquement déclenché la révision du contrat MAAF et son coefficient est redescendu à 0,50. Économie sur la prime annuelle : 142 euros. C'est le genre de suivi que je fais pour tous mes clients, sans qu'ils aient à me le demander. Trop d'assureurs en direct oublient sciemment cette révision pour conserver un tarif majoré.

Le transfert du bonus entre membres du foyer

Question fréquente : peut-on transférer son bonus à son conjoint ou à un enfant ? La réponse est plus subtile qu'un simple oui ou non. Votre bonus personnel ne se transfère pas, mais il peut être pris en compte dans le calcul du contrat d'un proche sous certaines conditions. Si votre enfant majeur passe son permis et démarre une assurance auto, il démarre à 1,00 même si vous êtes vous-même à 0,50 depuis vingt ans.

En revanche, la conduite accompagnée puis la conduite supervisée pendant un an chez MAAF permettent de démarrer le contrat jeune conducteur avec un coefficient minoré de 25 à 35 % par rapport à un démarrage standard. C'est ce que j'appelle l'effet famille. La famille Marchand de Bouguenais a inscrit Camille en conduite accompagnée en 2022. Quand elle a démarré son contrat en propre en mai 2024, sa prime a démarré à 65 euros au lieu des 134 euros que Direct Assurance leur proposait pour un jeune conducteur classique.

Les remises cumulables avec le bonus 50

Beaucoup de conducteurs bonus 50 croient avoir atteint le tarif minimal. C'est faux. Le bonus 50 est le minimum réglementaire du coefficient bonus malus, mais les remises commerciales que les assureurs accordent par ailleurs s'y additionnent. Voici les remises que je négocie systématiquement chez MAAF pour mes clients bonus 50 :

  • Mono-conducteur déclaré : -7 à -9 %
  • Garage fermé verrouillé la nuit : -6 à -8 %
  • Paiement annuel en une fois : -4 %
  • Multi-contrats habitation MAAF : -12 à -15 %
  • Stage Centaure de perfectionnement : -7 % pendant 2 ans
  • Sociétaire fidèle 5+ ans : -5 à -9 %
  • Conducteur de moins de 65 km/jour vérifié par boîtier : -10 %

En cumulant ces remises sur un bonus 50, la prime finale peut descendre jusqu'à 38 à 42 % sous la prime de référence. C'est ce que je négocie chaque jour. Aucun comparateur en ligne ne fera ce travail pour vous, parce que ça demande de connaître les leviers internes de chaque compagnie.

Le bonus 50 n'est pas une fin, c'est une base. Toutes les remises commerciales s'additionnent par-dessus et c'est là que se joue la vraie économie.

— Sandrine Lefèvre, courtière indépendante

Avant de signer chez un autre assureur

Demandez-lui par écrit le détail complet du calcul : prime de référence, application du coefficient bonus, remises commerciales appliquées une par une, options additionnelles facturées. Si l'assureur refuse ou répond en bloc, c'est mauvais signe. Un bon contrat se lit ligne par ligne. Au cabinet, je fournis ce détail à tous mes clients dans leur dossier de souscription, et je conserve une copie dans leur dossier pour suivi annuel. La transparence n'est pas une faveur, c'est la base du métier.

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